mercredi 16 avril 2014

18 je suis parti pour nous éprouver


Derrière la porte à peine claquée, je suis devenu elle.

D'abord je n'ai pas réfléchi.
J'ai pris la vieille valise, celle qui ne sert pas, trop petite pour les vacances.
Du lait en poudre, le biberon, deux hochets , le doudou, l'album du Père Castor, des couches, deux bodys, deux grenouillères, un effet chaud. Une jupe propre et un pull, une paire de collants, des sous-vêtements pour le lendemain.

J'ai eu peur d'oublier quelque chose, il fallait que je me calme.
Du coton. 
Une brosse à cheveux. 
D'autres affaires de toilette, dans un sac plastique. On n'a jamais eu de trousse, là dessus, on a toujours été d'accord, elles sont toutes moches.
L'écouvillon. 

J'ai appelé l'hôtel du coin, pas loin, pour pouvoir passer à la crèche, au matin, sans me mettre en retard .
J'ai demandé une chambre simple, avec un lit d'appoint pour le bébé.
_"Combien de nuits?
_...Je ne sais pas... Une ...Oui, juste jusqu'à demain , lundi."

Il s'était remis au travail. Il ne cherchait jamais à savoir ce que je faisais après les disputes, derrière la porte du salon. C'était toujours le même sujet, celui sans solution.

J'ai attrapé notre fils, il se réveillait. Je l'ai changé en vitesse, il souriait, comme si de rien n'était. J'ai embarqué la  valise, elle fermait mal. Trop pleine. Il fallait aller vite, qu'il ne nous voie pas partir, qu'il s'en rende compte tout seul, après. J'ai hésité pour la voiture, je ne savais pas comment faire, prendre le bus, ou la lui laisser.
Et merde. J'ai attrapé les clefs, fermé la porte en vitesse, attaché le gosse sur le siège bébé, j'ai démarré. J'ai franchi le carrefour, au delà, même par la fenêtre, il ne pouvait plus nous apercevoir.
J'ai payé la chambre en arrivant, c'était au deuxième étage.  J'ai posé les jouets sur le lit, le gosse sur le tapis. J'ai regardé mon fils, curieux du nouveau cadre. J'ai préparé son lait, en laissant couler l'eau du robinet le plus longtemps possible, pour qu'il soit assez chaud. Il l'a bu debout, d'un trait. La nuit était tombée, je l'ai pris sur mes genoux, on a regardé longtemps l'enseigne du Courte Paille clignoter à l'entrée du parking.

Je n'ai pas téléphoné. J'aurais voulu qu'il m'appelle, c'était idiot, je n'ai pas de portable, et lui, il n'en veut surtout pas. J'ai lu l'album du Père Castor, on a posé le doigt sur les images, tout bien dans l'ordre de l'histoire,  et vers neuf heures, j'ai couché notre fils.
Je me suis assise sur le lit.

Après, j'ai attendu l'heure du réveil et je n'ai plus pensé qu' à lui. Qu'il aurait vraiment peur. Que cette nuit là, comme moi, c'est sûr, il ne dormirait pas. Je me suis mise dans sa peau, lui, seul dans l'appartement, sans rien savoir, et ça me faisait mal.

J'avais fait les affaires trop vite. 
C'était super merdique le savon de l'hôtel, pour nettoyer le biberon. 
Au matin, j'ai posé notre fils à la crèche, je suis allée bosser, je l'ai récupéré, et vite, très vite, je suis  rentrée à la maison. 


Elle a ouvert la porte du salon, je l'ai prise dans mes bras. 
Je n'ai posé aucune question.





17 je suis parti avec elle


Mais j'ai dû faire plusieurs voyages. 

Au retour du dernier, j'étais vraiment crevé.
J'ai nettoyé les outils,  les ai rangés dans la mallette. 







Je me suis couché.

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dimanche 13 avril 2014

samedi 12 avril 2014

mardi 8 avril 2014

16 je suis parti parce qu'elle a des idées


Depuis que ma femme a  des idées, elle est devenue chiante.
Depuis que ma femme a des idées, ptêtre même qu' elles sont de gauche.

Et depuis qu'elle a des idées ma femme, elle répond.
Quand j'ai voulu inscrire le fils à l'école privée, elle était contre:

_"Pas question.
_Ben tiens,  manquerait pu qu' ça , j'ai dit. C'est tout vu."

C'est vrai, y manquerait plus que j'aie pas raison.

Pas fait un pli. A la fin du trimestre, ça s'est vu.
_" Nanère! Là au moins, ce con, y s'est mis à bosser. C'est MIEUX l'école privée. C'est moi qu'avais raison.
_Ben voyons. Depuis que tu raques pour le lycée, ce con, c'est juste qu'y pète de trouille de se prendre une raclée." 

Obligé de la boucler.
Depuis qu'elle a des idées ma femme,  elle argumente.

Pour Noêl, elle voulait la Princesse de Clèves. Je me suis rappelé que ce bouquin, y sert à rien.
_"Parait que même une guichetière  le lirait pas. Ha ha !! T'es quoi?
_Mon cul.
_C'est le Président qui l'avait dit.
_Lequel? Ah! Lui!
_Bah oui.
_C'est qu'un abruti.
_Un président y sait.
Qu'est ce qu'il en sait ? On peut pas lire dans un guichet. Chuis tout le temps dérangée".

Elle l'a acheté.

Depuis qu'elle a des idées, entre nous, chais pas... y a un fossé.
Avant, quand je la trompais avec des trentenaires, elle se fâchait. C'était casse pieds, mais au moins, je me disais qu'elle m'aimait. 
La dernière fois, elle en a eu rien à foutre. Elle s'est juste mise à rigoler:
_"Le truc, c'est que t'es vraiment largué. Faut te cultiver Pépère. Ce que j'en dis, moi, c'est que des lustres avant que Pfizer a sauvé la Gaule, les Oestrogènes massacraient les Bouffées".

Là, j'ai rien calculé, c'est ce putain de bouquin, c'est sûr, quand elle s'enferme aux cabinets. Et pis je suis nul en histoire.
Des lustres. Des fois elle parle des lumières. Toutes ces idées, ça la rend cinglée.

Et elle en fout plus une. Je peux plus rien contrôler.
Une fois, quand j'ai réclamé à manger, elle m'a balancé:
_"T'as qu'à passer la serpillère."

J'ai pas bougé du foot. A dix heures j'avais pas cédé.

J'ai retrouvé l' Equipe en vinaigrette, dans un saladier.

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jeudi 3 avril 2014

blois 2


des photos trop vite faites, mais pas grave:
la Loire non plus je ne m'en lasse pas.









































mercredi 2 avril 2014

blois 1








le très beau Jardin des Simples




















mardi 1 avril 2014

blois


Départ Lyon, TGV.
Mon voisin porte chemise bleue et pantalon au pli impeccable.
Pas bavard, et c'est tant mieux.
....
Saint Pierre des Cor-s ?
Capitale de la pédicurie. Pas étonnant que ce soit si moche.
...
Blois.
Je balance mon sac à l'hôtel, et hop !

Bof, le château, c'est pas ça mais....

YEPE !!!!