lundi 7 janvier 2013

Georges à la gare (vie de georges)



Il restait quelques jours pour un nouveau départ. Georges appela une amie . Ce soir là, elle recevait des proches, dont une qu' il connaissait un peu, et qui dans l'heure, arrivait de Paris. Il proposa de la cueillir, prétextant qu'il faisait mauvais, qu'il n'avait rien à faire, que les bus, fin décembre, étaient rares. Il gagna sa voiture, et s'amusa dans les virages. La ville semblait déserte, et sur la route, il était seul.

Dans les temps vides, Georges aimait traîner dans les gares.

Une aubaine. L'affichage indiquait trente minutes de retard. Au relais H, il acheta des cigarettes, puis se posta en haut, au bout de la galerie, dans l'axe du cours Charlemagne. Il pleuvait dense, l'eau brouillait les lumières de Noël.
Au pied des marches, entre les deux escalators, une femme attendait debout sous la pluie, accoudée contre l'un des murets, sans chercher à se protéger. Il fuma jusqu'au bout, puis en contre-plongée, prit trois clichés successifs. Le résultat était flou, Georges en fut satisfait. Il était juste. La femme en bas, de dos, halo blanc, à peine silhouettée. De part et d'autre, en lignes, les couleurs se mêlaient, encadrant son attente.

Il refusa d'envisager qu'elle attendrait pour rien.

Il retourna à la boutique, en explora les étagères . Qui sait, s'il lui prenait l'envie de lire. A gauche, les policiers, à droite, les autres genres, se partageaient le mur du fond . Georges prit quatre exemplaires, trois très minces, et un nettement plus épais: « Moment d'un couple ». Le résumé évoquait l'adultère. Georges n'aimait pas ces histoires là. Mais Gallimard... bah, pourquoi pas...Cent pages, certainement, il pourrait... mais le quadruple.... Il pensa à son fils, qui recevant les listes de rentrée, s' effarait de l'épaisseur des livres: inquiet du temps ingrat pour en venir à bout, il choisissait toujours les plus légers. Il se força. Lorsqu'on lui rendit sa monnaie, on annonçait le TGV. Il aperçut la jeune femme, et s’avança pour l’accueillir.

Lorsqu'il quittèrent la gare, la femme du bas, trempée, n'avait toujours pas bougé. Georges se dit que finalement elle n'attendait rien du tout, et qu'elle était simplement là. C'était bien mieux d'imaginer comme ça.

Ils remontèrent sur le plateau, saluèrent . Georges partagea l'apéritif, rentra chez lui. Il feuilleta ses achats, hésita, s'attaqua au plus gros, et comme il l'avait craint, d'abord s'y ennuya, puis balaya en diagonale, puis passa les pages à la pelle, et pour finir, n'en voulant pas savoir l'issue, qu'elle fut heureuse ou pas, ferma le livre. Non, ces affaires là ne le concernaient pas. Il l'ajouta à la pile du rebut, le tas informe et grandissant des livres indifférents. 
Il prépara du thé, et en dernier recours, explora sa messagerie vide. Pas de surprise, décidément. 

Au réveil, dans sa boite, il trouva trois publicités, mais pas le moindre courrier. Normal... 

Mais non, parfait. Aucune mauvaise nouvelle.
Si l'hiver était moche, Georges le repeindrait.

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