vendredi 23 novembre 2012

décrue




















J'espère qu'on me laissera, dans la ville, un peu de ces lieux vides, ignorés des services de la propreté...ces lieux gris où l'on trouve, adossés au perré, des amas rouillés, du sable et de la gadoue, quand la décrue se foule aux pieds.



mardi 20 novembre 2012

rds 2

























l'oeil du photographe


Je m'attarde souvent sur les blogs des autres. Actuellement, sur ceux qui proposent des photographies. J'en inventorie les choix. Ils interrogent les miens.

Sur le même site, à deux semaines d'intervalle, j'ai trouvé deux photos, de proportions identiques, à classer dans le genre "scènes de rue".

La première, en couleur, fixe une scène dans un square. Le cliché est pris dans l'axe d'une l'allée. A l'arrière plan, deux hommes discutent, penchés l'un vers l'autre. Leur conversation semble  animée, mais le photographe les a écartés par un léger  flou. Au premier plan, et à la même hauteur, deux femmes.

A droite, une jeune femme installée sur un banc bordant l'allée. Le banc est profond et incliné, l'attitude est très détendue. Une jambe croisée sur l'autre, semi allongée, casque écouteur autour du cou, elle consulte négligemment son portable. Elle porte un jean clair ajusté. Pour ce type de modèle, on dit "slim". Le basdézippé sur de fines bottines à talons compensés, souligne ses chevilles . Gilet de maille noir, entrouvert sur un pull bleu foncé.  Chic sobre, cool et décontracté. Le bras gauche accoudé au dossier, la main est relâchée. L'autre main tient le téléphone. Sur le banc, elle a couché son sac à main, un sac assez large, de cuir ou de synthétique souple, à la mode d'aujourd'hui. C'est une femme mince, qu'on devine jolie, malgré le profil à demi masqué par un carré court,  blond, effilé .
Au même niveau, une autre femme, beaucoup plus âgée, s'avance vers le photographe. On en pressent la pauvreté. Visage rouge et marqué. Un rictus le déforme. Grosse et mal habillée. Pieds nus dans des sandales poussiéreuses, bon marché. Imperméable bleu roi sur un  haut imprimé, rouge, ocre orangé, bleu, blanc, violet. Poitrine forte et tombante. Le pantalon, verdâtre, mou, élimé, découvre ses jambes gonflées. Elle avance d'un pas décidé, tenant, dans sa main droite, un trousseau de clefs, et de l'autre côté, un cabas noir, et un sac plastique vert de supermarché. Son regarde se porte assez bas, immédiatement devant elle.

La photo est titrée « Indifférence ».
Je ne sait pas si ce titre nous dit que deux mondes les séparent, si elles sont indifférentes l'une à l'autre, indifférentes face au photographe, si l'immobilité est indifférente au mouvement, si le confort est indifférent à la pauvreté, ou inversement...
Mais je sais que le titre, indifférent, lui, ne l'est pas.
J'appose, sous la photo, ce commentaire:
"Malgré les couleurs?"

Passons à la seconde photo. Elle apparaît  après de nombreux autres clichés, aux thèmes très variés, quinze jours plus tard. Elle est en noir et blanc. 
Nous sommes au même endroit, la photo est légèrement  zoomée, et cadrée plus à droite. Prise un court instant avant, ou après la première. Des personnages principaux, dans la même position, au détail près, seule la jeune femme subsiste. La largeur de l'allée le confirme, l'autre femme a déjà disparu, ou passera.

Cette fois, la photo est titrée « Passer le temps ».

Il est possible que cette photo soit jugée plus réussie. Qu'en pense le photographe?
Sous ce second cliché, je trouve le commentaire d'une fidèle du blog : "Très belle posture, pleine d'apaisement, mais aussi de profonde réflexion."
En réponse, j'objecte que je ne vois aucune trace de profonde réflexion dans l'attitude de cette jeune femme qui consulte négligemment son portable, et, fielleuse, que pour ce qui me concerne, la profonde réflexion n'est pas forcément apaisante. Pourquoi suis-je en colère? J' ajoute que j'ai déjà vu cette femme plus bas,  à l'identique, mais pas seule.

Puis j' interroge le photographe : 

Pendant qu'une femme,
assise, nonchalamment
laisse, sur sa sihouette fine,
doucement s'écouler le vent,

une autre femme, à ses affaires
vaque, et, prestement.

Et les paquets qu'elle achemine
sans s'attarder sur un banc
accusent le poids que l'on devine
aux traits, d'une vie de tourments.

Corps lourd et mal attifé
de vieux habits de perroquets
elle passe, et simplement
sort de la scène, oubliée.

on retiendra le noir et blanc?


Ce soir, pour passer le temps, j'ai enregistré les deux photos, et je les ai placées côte à côte. Puis j'ai supprimé les informations de couleur sur la première, pour voir. Vider le banc aurait été trop compliqué. J'ai  recadré la photo, en gardant la grosse dame. Pour lui laisser le plus d'espace possible, et conserver les personnages du fond, j'ai dû effacer le  pied de la jeune femme . Et reproduire la matière du sol, pour combler l'espace creusé dans l'image.  Mais voilà. Obtenant un format vertical, je n'ai pas pu comparer les clichés.

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chantier rives de saône

























vaise






mur



lundi 19 novembre 2012

kitsch





dimanche 18 novembre 2012

chantiers roses (chouchou)


les chantiers s'érotisent

et s'habillent chez Cupidon


ben quoi? vous n"aimez pas le crochet?

encore des feuilles




samedi 17 novembre 2012

berges






















NB2












lundi 12 novembre 2012

NB (ciotat)







celle là c'était l'été  dernier, le soir, dans le port de plaisance de la Ciotat.
y avait des voiliers, (normal), et une famille Groseillle, comme dans le film (les Groseille sont toujours sur le quai, les Le Quennois sur les voiliers, sauf que sur les voiliers, c'est des Le Quennois cool) qui s'enquillait des bières et des chips  autour du scooter familial (genre on sort, on mate les bateaux et ceux qui sont dessus)
je ne sais pas comment ils sont rentrés, le type était blindé, et sa femme drôlement grosse, et puis les gosses avaient pas de vélos.

mais l'ainé pêchait tranquillos. 










dimanche 11 novembre 2012

encore un tas



la tapissière de l'entresol


Dans sa boutique,
au rez de chaussée

un tailleur pauvre et esseulé
un jour, nouant ses lacets
le pied droit sur son siège tressé
en troua l' assise éculée.

Il se rendit à l'entresol
pour réparer sa chaise percée
mais comme toujours
quel manque de bol
la tapissière faisait payer.

Le tailleur, sans se démonter
regardait la fille travailler
courbée sur un vieux canapé
qu'elle s'échinait à déhousser.

Elle était un peu trop penchée
dans l'effort qu'elle fit pour tirer
elle fit glisser sa rouge étole
son corsage était échancré.

Il défit alors son cache-col
(il faisait chaud dans l'atelier)
puis brandissant son mobilier
lui dit: Regarde, elle se gondole
 tu pourrais  me la rempailler?

C'est pas gratuit répond la fille
mais si tu sais vraiment monter
reviens ce soir à l'entresol
et on pourra ptêtre s'arranger.

Il lui dit Va, t'es bien gaulée
tu vaux bien mieux que c' tabouret
ça roule, la fête sera folle
car tes sofas ont l'air douillets,

et moi, c'que j'aime, 
c'est l' matelassé.


vendredi 9 novembre 2012

vendredi 2 novembre 2012

jeudi 1 novembre 2012

Avent 24


_Salut, ça va?
_J'ai mal au bu.
_En tout cas t'as drôlement bien attendu.
  Il est fini ton Avent?
_Ouais, j'attends plus.
_Alors?
_ J'ai attendu, mais c'est pas venu.
_Et maintenant, qu'est ce que tu vas faire?

_Ben... l'After.