lundi 28 mai 2012

quelqu'un d'autre


Il y a des gens qui voudraient d'être quelqu'un d'autre. Une autre femme, un autre homme...Cet après-midi, alors que j'attendais le funiculaire, un type m'a dit qu'il aimerait être...
mon vélo.

dimanche 27 mai 2012

21h, Passage des Gloriettes




passage des Gloriettes




arrivée entre chiens et loups





c'était joli




tout était bleu





mais 




très vite



j'ai eu sommeil


...


en partant, je me suis trouvée...





en face d'un âne !


jeudi 24 mai 2012

dugon, dugon, dugonmier


Dugonmier se laissait aller. Pourtant....

Parti de rien, _il n'était pas bien né_, cancre à l'école, paresseux et un peu contrefait, l'ambitieux Dugonmier s'était bien débrouillé. Jeune, et surtout avisé, il avait monté son affaire.
C'était l'époque des grands progrès. Le mobilier disparaissait. On boudait les armoires normandes, les tables aux pieds tournés, les vaisseliers, les guéridons, les secrétaires, les buffets ouvragés. Dans les foyers, maintenant, la télévision suffisait. Dugonmier s'en félicitait. Durant dix belles années, il prospéra, s'imposant dans tout le pays. Chacun le respectait, Il incarnait la réussiteTrès vite, il fut reçu aux meilleures tables: on était fier de l'inviter. On lui donnait du Monsieur, son ventre grossissait. Pour ses deux mille emplois créés, il reçut la médaille du mérite. 

Il obtint même la femme qu'il convoitait.



Elle y trouva des avantages.



On l'admirait , il savourait. Lui, c'est la télé qu'il vénérait. 
Car sur chaque appareil trônait un Dugonmier. 

Notre homme faisait dans la dentelle, sans l'avoir inventée. Il n'avait conçu qu'une idée. Mais personne n'y avait pensé. Visionnaire et aventurier, Il avait posé un brevet. Il concernait non les modèles, mais la façon de les utiliser. Importée à bas prix de Bretagne, où de pauvres vieilles s'échinaient, il emballait, simplement, la matière première, et sur un très joli carton, apposait ce tampon:



et dessous, la mention:

SUBLIME VOTRE TELE
DugoN, DugoN, DugoNmier !

Son ascension fut formidable. Il s'était fait tout seul, et tenait sa revanche. Dugonmier triomphait , passait vivant à la postérité.

Pas tout à fait... Il fut victime d'un ingénieur borné, mesquin,  haineux, sournois... Confiant, il ne vit pas venir l' attaque. A l'avènement de l'écran plat, ses ventes chutèrent en flèche. D'abord, il licencia, un peu. Longtemps assise sur son succès, son acuité s'altérait. Il ne voulait pas y croire. Bah, c'était passager, à quoi bon s'inquiéter?
En dix mois, il fut terrassé. Les Napperons Dugonmier dûrent fermer. Harcelé par les créanciers, Dugonmier fut discrédité. On blâma son manque de ressources: il aurait dû sentir le vent tourner. D'abord furieux,_comment pouvait-il savoir?_ il se désespéra. Dans la rue, le croisant, au début, on haussa les épaules. On l'accusait d'avoir gâché sa chance. 
Soucieux de leur réputation, les notables l'abandonnèrent. Privé d'appuis, en un éclair, le pauvre Dugonmier connut la déchéance. Le bridge, c'était fini. En ville, on changeait de trottoir lorsqu'il apparaissait. Parfois, de loin, il était insulté: 


"DucoN ! DucoN ! T'as plus qu'à bouffer tes napperons!"

Bien pire que la faillite, c'était l' humiliation. Un jour des gosses, cruels, jetèrent des pierres sur  sa maison. Le plus méchant rasa le chat. Il ne sortit plus que la nuit. Isolé et meurtri, il tenta de trouver des alliés dans son ancien quartier. Il fréquenta des lieux moins réputés. Pour se refaire, il se mit au poker. Mais sa mémoire défaillait. Il jouait bien mal, et savait encore moins  tricher. Ses nouveaux compagnons n'en eurent aucune pitié. Dugonmier traînait son calvaire.
L'empire Dugonmier ruiné, Madame,  atteinte dans sa dignité, ne put que le quitter. Elle n'avait plus le choix. Pourtant, Dieu sait si elle l'aimait.




Il en fut bouleversé. Il perdit l'appétit, et peu à peu, se mit à boire. 

D'abord, de temps en temps. 


Puis souvent.


Et, par suite , régulièrement.


Il n'était plus qu'une ombre. Le dernier bar fermé, tard dans la nuit, il trainait son corps amaigri. Rentré chez lui, sur ses genoux, il prenait son chat grelottant, seule âme encore fidèle, et déplorait, tristement,  l'obsolescence des choses. Un jour ou l'autre, c'était fatal, tout disparaîtrait. Tout était feu de paille. 


A quoi bon être, si on ne durait pas?


Un soir, il fut plus saoul qu'un autre, et trébucha dans son jardin. L'herbe était tendre, il faisait doux. Il resta couché là, pleura un peu. Il fallait bien dormir. Mais son coeur était lourd, il ne pouvait s'alanguir. Il fixait tristement le ciel, ce ciel qui l'avait trahi. Il était plein d'étoiles. 
Et soudain, il comprit. La vie avait un sens, et tout se recomposait. Là haut, tout là haut, brillait une singulière comète.

Non, rien n'était obsolète.
                                                                       
                                         

                                          










Au matin, sa femme, qui passait devant la demeure dévastée, le trouva mort. Les yeux écarquillés, Dugonmier souriait.

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dimanche 20 mai 2012

aux puces ce matin...





  .....on pouvait acheter des calamars...
y z'avaient pas enlevé les têtes
j'savais pas que les calamars avaient une tête...
Beurk.

   

jeudi 17 mai 2012

début d'après midi sonore



    les seaux, les bassines, y a rien de plus frais

















vendredi 11 mai 2012

mardi 8 mai 2012

tout va presque bien


Je n'aimerai jamais ceux
 qui disent que c'était mieux 


 Ils sont trop agaçants.

                      

Eux aussi étaient mieux.

Ils n'ont pas la voix simple 
de ceux devenus vieux
  qui doucement confient : 

 tu sais,
je n'y comprends plus rien.

Je n'aime pas la nostalgie.




recule toujours un peu
quand nous marchons encore.


Si



était mieux,

aujourd'hui l'est aussi




et pas moins que demain.




Tout ira presque bien !




dimanche 6 mai 2012

I was here








Dessous, 3 billets, Nantes et Saint Nazaire 

à la base







à Saint Naz !

sur fond gris


















ok, trop chouchou