samedi 31 mars 2012

encore l'escalier

Je connais bien le risque, mais parfois, trop chargée, j'abdique. L'ascenseur, c'est la loterie. Trop lent au démarrage. Et parfois, c'est trop tard...La voilà. Chienne en laisse, regard vide, queue de cheval. Qui donc est la maîtresse? Deux ans durant, elle avait pris ses aises. La veuve Pignard, que j'ai propicement relayée, était morte depuis longtemps. Mais ses enfants, s'entretuant pour la succession, avaient eu bien du mal à vendre. Trop gourmands. Au premier jour, la voisine m'avait détestée. Motif? je venais d'arriver. C'est un argument écrasant, la nouveauté. Surtout quand elle occupe l'espace vacant. Pour rétablir la symétrie, j'ai partagé l'inimitié.

Vous montez?
Septième ou rien, comme vous savez.
Vos amis parlent fort. 
J'en ai encore
La lessive au balcon, c'est interdit. Ici, c'est pas l'Italie.
Vous n'y êtes pas allée? Dommage, c'est joli.
Dimanche, vous étiez mal garée. 
Mon créneau, c'est la fantaisie.
Il y a des règles à respecter.

J'ai toujours préféré l'escalier. Le mien a de la chance. Ventilé, naturellement éclairé. Mais surtout, bavard. Les poubelles en attente_la flemme_ , les tapis-brosse spirituels, où dorment, par ordre de croissance, les souliers, tout comme dans le petit Poucet. Les plantes en hivernage, qui crèvent la soif. Celles qu'on arrose, qui ont su se faire aimer. Le  vélo du petit dernier. A Noel, le gui, ou les guirlandes.
Ici, les logis sont petits. L'été, c'est le merdier. Ils débordent et annexent, souvent, la moitié des paliers. Le soir, il faut enjamber. Mégots, bières vides. Chacun sa villégiature.  L'ado se plait dans l'entresol , de préférence entassé. J'ai suggéré la double fonctionnalité. Depuis, dans la demi-volée, la canette se fait cendrier. Le tas vautré se fait moins engueuler.

 A chaque étage, sa petite histoire.

Le jour où j'ai habillé un tueur.

Au matin du 23, j'ai découvert la vidéo. La reconstitution , en images de synthèse, de l'assaut.


Image glacée, action rapide, à peine décomposée.
Poupée rouge, allongée, Momo les attendait.


Qui vive. Baignoire.
C'est long d' attendre dans le noir.
Ce sera sa plus belle nuit. 


Mannequin nu, rouge, sur fond gris.
Momo doit être beau. 
Ils sont venus, rien que pour lui.
Quelle étoffe, quelle couleur? 
Momo, est-ce -que t'as peur?
Aujourd'hui, tout sera fini.


Hara !
Kiri   !






mercredi 28 mars 2012

je cherche un livre

FlaubertTolstoï , Kundera...
Emma, une bécasse.
Un tout petit peu plus tard, Anna était encore pleine d'affres.
Puis Sabina, qui fait ce qu'elle veut, mais en bave un peu.
aujourd'hui, y a qui ? 
Merci !

dimanche 25 mars 2012

38 autodafé


Ce matin, je suis allée au bureau de tabac, pour acheter des timbres.
Voyons.Ce matin, je suis allée, comme chaque dimanche matin, au bureau de tabac, prendre des cigarettes. Quand j'avais recommencé, le second été, j'avais tellement honte que je disais à mes enfants: 
_"Je vais chercher des timbres".
Ou bien:
_"J'ai des choses à photocopier"
Ou encore:
_"J'ai oublié un truc dans la voiture".
Quelle que soit la température, je m'asseyais sur un banc de la place, et je grillais. J'en profitais pour larmoyer un peu derrière mes lunettes de soleil, en regardant passer les pères avec leur baguette, leur journal, et leurs gosses.
Depuis longtemps, il est devenu inutile de leur mentir. Il se sont habitués, ne me font plus de reproches. Leur peur de voir, à son tour, leur mère disparaître, les a quitté peu à peu. Tant mieux.
Après mon achat, j'ai grenouillé au rayon livres. Pour un tabac de quartier, il est assez fourni. Habituellement, je ne m'enquiers que de son coté droit. Le verso ne propose que des merdes. Cette fois, j'ai fait le tour et j'ai repéré une parution chez Stock . Je me suis mise à trembler. J'ai saisi le livre et je l'ai rapidement feuilleté. L'auteur s'appelle Fournier. Le titre est court: "Veuf". J'ai quitté la boutique avec la peur au ventre, et j'ai rejoint le banc le plus isolé. J'ai fumé là, comme je l'avais si souvent fait.
Je me suis dit: je l'achète et je le brûle cet après-midi. Une proche m'a raconté, il y a quelques mois, qu'elle avait brûlé un livre sur son balcon. Que c'était long, et compliqué. Que les livres ne brûlent pas si facilement, à cause de leur densité. Qu'ils dégagent des fumées toxiques. Cette confidence m'avait marquée. Ma cigarette terminée, j'ai regagné le rayon, et j'ai lu un peu plus. J'ai regardé le prix, 15,50€.
Mais la colère a remplacé la peur quand j'ai trouvé:
_"C'est bien triste, cette année, on n' ira pas faire les soldes ensemble" .
Trop cher pour le cramer. 
J'ai ricané en me disant qu'en quatorze ans,  nous n'avions jamais fait les soldes ensemble. Grand bien nous fasse! L'un comme l'autre, on détestait ça.
Jalouse? Ce type, lui, dit ce que tu as dit, que tu connais par coeur, il le dit mieux, et il le vend, voilà pourquoi tu es jalouse ? Il y avait un peu de ça, on me volait mon truc à moi. Mais j'ai creusé. Brûler, sans l'avoir lu,  le livre d'un homme que je ne connaissais pas ? Pourquoi?

Je ne l"ai pas acheté. J'ai juste lu, un peu. J'en ai eu la nausée. La colère est passée.  Ecoeurée de ces soldes, de la vie engluée.

Il fait beau, et je vais faire des photos. Sans pathos.

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mercredi 21 mars 2012

lundi 19 mars 2012

ciel apicole




"En mars, les abeilles revivent, et l'apiculteur visite son rucher.
 En avril débutera la période de la capture d'essaims".

samedi 17 mars 2012

j'adore les stats

La France compte 17,5 millions de familles. Parmi elles, 44 % sont des familles avec enfants, soit un total de 7,7 millions de couples avec enfants. Ce chiffre diminue au fil des ans. Le nombre de couples sans enfant progresse et représente 42 % des familles. Il y a ainsi 7,3 millions de couples sans progéniture au domicile. 
Les familles monoparentales sont en augmentation, sont 2,4 millions. La très grande majorité, 85 %, est constituée de femmes élevant seules leurs enfants.

jeudi 8 mars 2012

toi t'aimes les chauves (koh lanta 2012)

_"Toi, t'aimes les chauves"
J'ai dû l'entendre une bonne centaine de fois. C'est pénible. Non, je n'aime pas les chauves. Cela peut m' arriver. Une fois, ç'est arrivé longtemps. Cette phrase me met en colère. 
Inspirer, rectifier: 
_"Moi, non, pas spécialement". 
Bien sûr, c'est dit comme ça. Et je suis soupe au lait. Comme si j'avais aimé sur ce critère. Je l'ai aimé pour tout ce qu'il était. Et tous les crânes ne se ressemblent pas.

La dernière fois, c'était hier, devant la télé*. Contre Sarko, Lenglet a assuré. J'ai un peu appuyé. Et la phrase est tombée.
_"Toi, t'aimes les chauves"
J'ai respiré.

J'ai pensé, de nouveau, à ce matin là. C'était le 7 mai 2007. Au réveil, sans m'avoir dit bonjour, il s'est assis. S'accrochant, des deux mains, le haut du front, pouces sur les tempes, comme chaque fois qu'il était acculé. Il a juste jeté :

_" Bon. Y a plus qu'à espérer qu'on s'est trompés".

Non, on ne s'était pas trompés. Alors j'espère que ça ne va pas recommencer. Que celui qu'on ne voulait déjà pas en perdra tous ses crins. Jusqu'au dernier.



*Sarkodes paroles et des actes, émission du 6-03-2012