mardi 21 février 2012

mélo mouillé

A force, on apprend à nager. A boire des tasses, sans suffoquer. A rouler dans la houle, sans efforts inutiles. A reprendre le cap, quand le temps s'est calmé. Mais on est parfois fatigué.
Et si... 
Une barque, tout près. On se hisse, pour se sécher. Le soleil chauffe.C'est bon de se reposer. Rester? Un peu de paix. Attendre et vivre un peu, en regardant le ciel. Si on voit des oiseaux,  la terre sera tout près. Elle dessine presque une ligne. Baisser sa garde, laisser filer.

Un choc. Quelque chose a heurté. Ouvrir les yeux, s'asseoir. Comprendre. On vogue, mais pour voguer, sans pouvoir s'orienter. Ni voile, ni compas. C'est bien, mais on est juste là. Et même sur un bateau, on est encore sur l'eau. 

On sait vers quoi on tend. Il faut se décider. Prendre une inspiration.
Plonger.

L'eau est froide et plus sombre. On n'est plus habitué. Avaler, tousser, cracher. Lever la tête. Pas d'oiseaux, pas de berge.  Rien qu'un horizon courbe, et une surface moirée. Au fond, on le savait. Mais on a essayé. Nager.

Nager. 

3 commentaires:

  1. "Depuis longtemps,longtemps,lui confie-t-elle,nous sommes en débat avec la mer.
    De très rares fois,bleue,douce,on la croirait contente.Mais cela ne saurait durer.Son odeur du reste le dit,une odeur de pourri(si ce n'était son amertume)
    Ici,je devrais expliquer l'affaire des vagues.C'est follement compliqué,et la mer...je vous prie,ayez confiance en moi.Est-ce que je voudrais vous tromper?Elle n'est pas qu'un mot.Elle n'est pas qu'une peur.Elle existe,je vous le jure;on la voit constamment.
    Qui?Mais nous,nous la voyons.Elle vient de très loin pour nous chicaner et nous effrayer.
    Quand vous viendrez,vous la verrez vous-même,vous serez tout étonné.
    Tiens!direz-vous,car elle stupéfie.
    Nous la regarderons ensemble.Je suis sûre que je n'aurais plus peur.
    Dites-moi,cela n'arrivera-t-il jamais?"

    Henri Michaux,"Je vous écris d'un pays lointain."

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    1. merci!
      On ne remercie pas assez les anonymes qui n'hésitent pas à recopier de longues pages pour partager sur la toile.
      mais je ne comprends pas ce texte, pourtant j'aimerais pouvoir faire le lien.

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  2. Framboise, votre texte est super. Il est rythmé comme un morceau de classique, à la fin, on reste quelques instants songeur, on voit toutes ces images.
    Merci pour ce moment.

    Fabien

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