vendredi 27 janvier 2012

fast food


Je suis inapte au roman de gare, où s'enflamment capes, épées, femmes passionnées, prêtes à traverser des déserts, héros aux destins sublimes, aventures extraordinaires.
Pour peu que l' on soit désoeuvré, le roman de gare mise sur notre enthousiasme, notre crédulité, et notre goût du drame. Ma brève ne requiert pas ces qualités. Pour cause. C'est une brève de fast food.

J'avais faim. Peut-être pas assez? C'est là qu'il est entré, un jour de fin juillet, pendant ma pause.
A peine m'est-il tombé dessus qu'il devenait suspect. Beaux hasards rassemblés, mais circonstances favorables... mes éclairs amoureux ont toujours dégonflé, comme un soufflé, quand elles ne l' étaient plus. Longtemps, je n'ai guère su quel genre d'homme me plairait. J'ai pourtant vu, et vite, ceux qui ne conviendraient jamais. Pour les choses de l'amour, mon intuition est frelatée. Je lui accorde moins de crédit qu'à un bon de loterie. Il faudrait se laisser aller. Au bout de quelques jours, je décortique.
Cette fois là avait moins duré. J'ai commandé. Je me suis installée. Il s'est assis juste en face. Je l'ai bien regardé. C'était possible. J'ai mangé. Possible, il me semblait. D'y penser me faisait du bien. Mais je me suis levée, et j'ai débarrassé. Je n'ai pas su si je n'avais raté personne, ou si j'avais loupé quelqu'un.
Ce jour là, au fast food, je n'ai pas cru au coup de foudre.

Pas plus qu'à la diététique.

Partager
                            

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire