mardi 29 novembre 2011

salopards


_Maman!
_Oui ?
_Au bout d'un moment, les morts, y a bien plus que des os?
_Oui.
_Rien que ça?
_Oui, tu sais bien que le corps se décompose, et que ce qu'il y a autour des os est utilisé par le monde vivant.
_Tout le temps?
_Sauf si on a effectué un traitement, comme sur les momies, pour conserver plus de choses.
_Ah oui, c'est vrai.
....
_Est ce qu'on peut oublier les gens?
_Bien sûr.
_Les gens qu'on connaît?
_On peut les oublier momentanément, ou pour plus longtemps.
_Je veux dire après.
_Ah. Tu veux dire, est-ce qu'on finit par être oublié une fois qu'on est mort?
_Oui, c'est possible ça?
_Bien sûr, ça se passe comme ça pour la plupart des gens.
_Même si y a les tombes?
_Les tombes disparaissent un jour aussi.
_Pourquoi?
_Parce qu'elles ne sont importantes que pour ceux qui se rappellent qui a été mis dedans. Tes enfants, si tu en as, s'ils m'ont connue, se souviendront un peu de leur grand-mère. Mais leurs enfants à eux, ne me connaîtront peut-être pas du tout, ou très peu de temps.Ils n'auront pas grand chose à raconter sur moi. Alors imagine, leurs arrières-petits enfants , à eux, à force, ils ne savent même plus qui est dans la tombe, ils s'en moquent, alors la tombe disparaît aussi.
_Pourquoi?
_Parce qu'au bout d'un moment, plus personne ne veut payer pour une tombe dont ne sait pas qui elle contient.
_Ha ha ha!
_On peut toujours la revendre!
_Ha ha ha!
....
 _Ça vaut cher?
_ Ha! A vrai dire, en général on paye un loyer pour la place qu'elle occupe. Ça s'appelle une concession, cette place.Tu connais des gens qui payent un loyer pour rien? 
_Ha!! Ben non!
_Et quand plus personne ne se soucie de qui est dedans, on vire la tombe pour faire de la place.Ça te va?
....
_Il y en a qu'on oublie pas?
_Oui.
_Qui?
_Ceux qui ont inventé des trucs très utiles, ou qui ont écrit des livres essentiels, ceux qui ont enrichi notre connaissance du monde, ou laissé une grande oeuvre artistique, ceux là, on s'en souvient. Mais on se rappelle surtout de ce qu'ils ont laissé, pas vraiment d'eux, comment ils étaient vraiment, ça s'oublie, comme pour tous les autres. On n'oublie pas leur nom, mais souvent, ça s'arrête là.
_C'est tout?
_Ceux qui n'ont rien inventé, mais qui ont eu un rôle très important.
_Les présidents?
_Par exemple, ou ceux qui ont fait du bien à l'humanité.
_Comme qui?
_Ça me vient pas là...Ha ha ha!... je vais trouver... Ou bien ceux qui ont été tellement salopards qu'on ne peut pas les oublier.
_Ha ha ha!! Salopards!!

jeudi 24 novembre 2011

mange

_Papa, pourquoi y faut manger du poisson, alors que c'est pas bon?
_C'est pour avoir un gros cerveau.
_C'est pas beau.
_Ouais, t'as raison.

lundi 21 novembre 2011

micro trottoir

_Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Et pis quoi encore?

_Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Non.
_Pourquoi?
_Parce qu'il y a plein de femmes sûres qui attendent. Pourquoi poireauter?

_Monsieur! Monsieur!
_Pas le temps.

_Bon, je mets Non.


_Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Nafout.
_Pourquoi?
_J'aime pas les femmes.


_Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Oui.
_Vous n'êtes qu'une lopette.
_Pourriture.

_Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Bah non.
_Pourquoi?
_J'aime que les mecs.
_Ah.

_Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Je sais pas.
_Pourquoi?
_Ben faut être sûr.
_Sûr de quoi?
_Faut réfléchir.
_Bon j'ai pas que ça à foutre, moi. Au suivant.

_Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Je pense.
_Combien de temps seriez vous prêt à attendre?
_Cinq ans, plus s'il elle me le demandait.
_Outch. Et si elle vous disait qu'elle ne sait pas combien de temps vous devez attendre?
_Qu'elle aille se faire foutre

__Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Oui, je pense que je pourrais, je pourrais même, je sais pas moi, cinq ans.
_Vous aussi?
_Oui, ça laisse le temps de se faire assez de meufs.

_Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Plus jamais.
_Pourquoi?
_J'ai attendu cinq ans, je suis furax, elle est jamais venue.


_Monsieur, êtes vous capable d'attendre une femme que vous aimez et qui vous dit qu'elle n'est pas sûre?
_Oui.
_Même si elle ne vous disait pas de combien de temps elle a besoin?
_Oui.
_Alors vous êtes une sacrée lopette.
_Non, je suis pas une lopette. Si je l'aime, je sais ce que je veux, c'est tout, alors je peux attendre.
_Mais vous feriez quoi en attendant?
_Je vivrais normalement.
_Vous seriez capable d'attendre une pourriture ?
_Non.
_J'y comprends rien.  Pourquoi?
_J'aime pas les pourritures.
_Vous ne trouvez pas  pourri de demander ça à quelqu'un?
_Non , on a le droit de ne pas être sûre.
_Et si vous attendiez, je sais pas moi...tiens, cinq ans, et qu'au bout de cinq ans elle ne revenait pas? Vous auriez l'air fin non?
_Fin, je ne sais pas.
_Vous seriez furax.
_Non.
_Vraiment?
_Si je décide de l'attendre parce qu'elle n'est pas sûre, je sais que je prends un risque.
_Heu...Et si elle n'est pas sûre, qu'elle ne vous demande pas d'attendre parce qu'elle trouve ça pourri, enfin, si elle est pourrissûre, que ça la rend furax, vous l'attendez quand même?

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dimanche 20 novembre 2011

une pomme, tous les matins

« Je me suis réveillé à cinq heures, j'ai mangé ma pomme, et je t'ai attendue en lisant ».
Et s'il avait mangé une pomme, les choses auraient été différentes?

Pourtant, c'était bien commencé. Son deuil à elle était fini _elle l'avait décidé_, lui, sa rupture était apaisée. Ils s'étaient donc trouvés, puis choisis. Ils se félicitaient d'avoir pu patienter, et de leur exigence. Ils parlaient de leur chance, et découvraient, heureux, que leurs malheurs passés prenaient un sens. Leurs errements se recomposaient, et dessinaient une image. Elle y voyait un oiseau .
Leur amour s'esquissait. Une seconde vie se préparait, libérée de la question des enfants, déjà faits, et de l'économie du foyer. Un lien d'adultes, sans d'autres projets qu'eux-mêmes, et de multiples possibilités. C'était encore l'été. Elle pédalait, légère, à la sortie du travail, à midi, ou le soir, pour le cueillir. Elle se s'annonçait pas, réservant sa surprise. Il sortait, souriait, ouvrait les bras. Elle savait que chaque fois, descendant l'escalier de la librairie, il l'espérait. Elle variait les plaisirs. Elle se tenait devant l'entrée, souriant au vigile qui la reconnaissait. D'autres fois, sur un banc, à côté, pour qu'il la trouve après. Elle guettait son visage, tendu, qui la cherchait, puis la voyant, s'éclairait. Elle attachait son vélo, devant, en évidence, et s'adossait à la façade. Il sortait sans la voir, marquait un temps d'arrêt, puis vérifiait. Elle attendait un peu, pour jouer, et le laissait, quelques secondes, s'éloigner, avant de toucher son épaule. Elle réservait des jours sans, et se gardait de régularité. La joie devait durer.

Mais elle ne dura pas. Une pomme, matinale, précipita la fin.
Une vie avec un homme qui chaque matin s'éveillerait tôt, impatient d'être rejoint, mangerait sa pomme, lirait un livre, le fermerait au moindre tressaillement : Elle se lève, enfin !
Une pomme, tous les matins...Elle n'aima pas sa phrase, et pour s'en libérer, dût l'enfermer dans un petit carnet. La pomme venait de loin.

Il regrettaient de ne pas partager leurs nuits. Leurs vies, enfants, travail, leur en réservaient peu . Celles qu'ils pouvaient s'accorder les tenaient séparés. Dormir à ses côtés? Elle en était incapable, sensible au moindre bruit.
Ses rêves à lui, peuplés de cauchemars, agitaient son long corps. Ses mains_il ne la lâchait pas_, pressaient sur elle des mouvements convulsifs, qu'elle ne pouvait pas supporter. La première fois, corps repu, coeur comblé, elle avait résolu, à regret, de faire chambre à part. Elle s'était tant réjouie de ces heures enlacées, de réveils chauds et moites. Il était trop bruyant. Son moteur donnait des à-coups, démarrait, toussait, puis suffoquait.
Elle s'était dit tant pis, avait déménagé, dans la pièce la plus éloignée, s'assurant, par trois portes, un silence absolu. Sur le lit mezzanine, assise, elle en avait vaguement pleuré, comme une jeune fille découvrant que dans les contes de fées, on vous ment. Elle s'en était raillée: "que croyais tu? A cet âge là, on ne dort plus comme un adolescent". Puis, résolument, pour balayer sa déception , elle avait réglé son réveil , se réjouissant, pour l'aube, des retrouvailles. Il dirait « Te voilà, je t'ai cherchée, j'ai fait trop de bruit, n'est ce pas? Excuse-moi mon chéri, viens dans mes bras, là, tu vas prendre froid. As-tu bien dormi? ». Et en effet, la sentant glisser dans les draps, c'est ce qu' il avait dit.
Il disait mon chéri, comme on parle aux enfants, sans distinction de sexe. Elle en était gênée, et plusieurs fois, lui avait dit. Il tenait quelques heures, puis oubliait. Elle se moquait d'elle-même: ce n'était qu'un détail, elle allait s'habituer. Peut-être que dans quelques temps, ce petit mot lui plairait. Elle le souhaitait.

Elle était fière d'avoir pour elle un homme si beau. Elle aurait aimé qu'il soit grand, et il l'était. Il choisissait bien ses chemises, elle le trouvait élégant. Il ne ressemblait à personne, qu'à son allure à lui. Il rayonnait, elle en était la cause .Elle soignait ses tenues, et se sentait joueuse. On la trouvait enfin épanouie. Ils faisaient encore connaissance. Il lui offrait des livres, en disant « c'est pour voir ». Ses cadeaux se multipliaient. Rentrée chez elle, elle les considérait, regroupés sur sa table. Il était un peu là; ces livres, elle les lirait. Par dessus tout, elle aimait parler avec lui. Tous deux bavards, ils se tenaient en estime. Il racontaient beaucoup, se questionnaient, mais se laissaient terminer avant de rebondir. Ensemble, ils avaient l'âme plus tendre, l'esprit plus frais. Ils se rendaient meilleurs et le savaient.

Elle insista, mais peu, pour dormir avec lui, car la peur la gagna. La fatigue et le bruit ne font pas bon ménage. Elle craignit de le détester, pour ce motif injuste qu'il ne contrôlait pas. Et les nuits esseulées durent, malgré tout, être installées. Il disait toujours mon chéri.
« As-tu bien dormi? » Ils avaient échangé leur idée de l'intime, s'accordant sur le fait que seule la vie commune pouvait le révéler. Ce serait pour plus tard. Les enfants étaient encore trop petits. Il dit « je peux attendre ». Il n'y mettait aucune réserve. Elle doutait d'elle, bien plus que lui, et l'aimait trop pour l'abuser. Pour ça, il l'aima sans doute un peu plus : qu'elle ne mente pas pour le séduire l'avait ému.
Elle reparla des nuits. Il fut précis. « J'ai consulté. Ce sont des apnées ». Cette fois, le mal était identifié, et il faudrait agir. Il demanda un rendez-vous. Le service était saturé, et on devrait attendre. Il n'en faisait pas une affaire. Elle battit froid. C'était désagréable. Alors comme ça, cet homme était malade. Le sommeil qui doit réparer, lui, l'épuisait. Elle l'aimait, et il était menacé. Elle rangea la nouvelle, la mettant de côté comme une donnée d'entrée qu'on ne veut pas, tout de suite, intégrer au projet. Trop compliqué.
Elle se confia à son amie.
_ "J'ai peur. Je ne sais pas si je pourrais. C'est bien trop tôt pour les revers. On les accepte quand le temps a passé, qu'on a déjà longtemps aimé. La vie est bête. »
Et l'amie fit l'amie, proposant un défi.
_"Non. La vie est intéressante". Y croyait elle?
Elle prit courage et s'en saisit.

Elle inventa des stratégies. D'abord, elle se loua d'avoir sauvé ses nuits. Elle s'en allait, après l'étreinte, avec un plaisir égoiste, ou le laissait partir en restant sans son lit, jouissant de tout l'espace. Sa vie avait changé, elle s'en trouvait fortifiée. Elle pourrait désormais profiter de l'amour, mais poursuivre en femme libre. Plus de lit conjugal.
Veuve, et amoureuse. Ils étaient quand même deux, ce n'était pas toujours facile. Elle négociait pour les départager, et leurs chances étaient inégales. Vivre est un privilège. Elle tira donc un avantage pour son défunt mari. La nuit posait une limite claire. Son corps abandonné, lui seul le connaissait; et dans l'obscurité, elle lui serait encore fidèle. Ces images d'elle-même, et qu'elle-même ignorait, qu'un seul avait répertoriées, personne ne pourrait les voler. Ce serait comme ça. Elle pourrait être avec cet autre, mais c'est à lui, lui seul et à jamais, que son sommeil appartiendrait.

Ils se voyaient souvent, s'écrivaient chaque jour, et leur lien prenait une assise. Quand leur journée se terminait, il accompagnait son trajet, prenait son sac, poussait sa bicyclette. Avant de se coucher, ils se lisaient. Au lendemain, les dialogues reprenaient, où ils s'étaient arrêtés. C'était joyeux. Mais leurs moments, ceux dont on prend le temps, étaient trop rares.
Une fois, il avoua se sentir parfois fatigué, et somnoler l'après midi. Ces apnées ne pouvaient s'oublier. Elle avait fui, mais devrait affronter. Elle visita des sites sur sa pathologie. On décrivait les risques, froidement, et les traitements. Elle ouvrit les images, découvrit la machine. Il en avait parlé un peu, du prix de ses nuits calmes, des cauchemars envolés: une pompe qui se soulevait, tout près, comme une seconde compagne. Un masque, qui deviendrait familier. Les pages jugeaient qu' on s'habitue, qu'il disparaît. « Tu verras, un jour, tu pourras dormir avec moi ». Elle entrevit alors une toute autre machine, qui ne pompait pas d'air. C'était trop tard. Du sang, qu'elle faisait circuler, pour irriguer ce qu'on devait prélever?
Le premier, au moins, était parti debout, et avec classe. La mort l'avait frappé en face. Et celui qui prenait sa place ne savait pas même respirer? Un jour, s'il était privé d'assistance, il mourrait. Il mourrait stupidement, rien qu'en dormant.

Une nuit, inquiète, elle se leva. Elle voulait le regarder dormir. Il était agité. Nu, son corps ne tenait plus son rang. C'est vrai, ce regard là, elle l'avait toujours évité. Redoutant de le comparer, elle préférait ne pas le voir. Il lui restait trop étranger, elle ne savait que faire: pendant l'amour, elle conservait plutôt les yeux fermés.
Elle trouva ses épaules osseuses, ses membres frêles, son torse creux. Elle pensa au mari, lui en voulut de son étalonnage: insidieux, déloyal. 
Elle attendit, et guetta les moments où l'air ne rentre plus, quand le dormeur s'oublie.

Ce matin là, il parla de sa pomme, et tout content, ouvrit ses bras. Comme à chaque fois. Pendant qu' elle écartait la phrase, elle vit un oiseau maigre, qui bat des ailes sans pouvoir décoller. Elle se coucha, ferma les yeux, fuyant l'oiseau, la pomme, et la machine.
On changea d'heure, et les jours raccourcirent. Le temps se fit plus froid, la vie, un peu plus âpre. Le travail, toujours plus léger en été, s'intensifia. Sortant plus tard, elle dût, de nouveau sans détour, rejoindre son foyer. Les ennuis, qui durant ces semaines les avaient épargnés, reprirent leurs droits. Non, l'amour ne ferait rien à ça.
Elle se sentait un peu flouée. En son absence, ses affres et ses doutes déferlaient. Trois journées passées seuls leur laissèrent trop d'espace. Elle mit à gauche ses peurs, ses intérêts, son amour, ses besoins, ses difficultés, et lui, sur le plateau d'en face.

Vivre avec lui ? Attendre, attendre encore, aimer longtemps, mais à moitié. Tout ça pour ça. Pourquoi lutter? La pomme accomplissait son sale travail de sape. Elle le vit cette fois tout entier, mais par les plus mauvais côtés. C'était injuste, et déformé. Elle le savait. Elle ouvrait le petit carnet, et consignait, face à la pomme, tout ce qui pourrait bien, un jour, l'exaspérer. Tout ce qu'il n'était pas et ne serait jamais. Mais quoi? C'était normal! les défauts, mais les qualités. En elle, elle appelait la clémence. Il l'aimait en entier. Comment rétablir l'équité? En écrivant, elle croyait se débarrasser. Mais elle avait noté, et ne pourrait pas oublier. Elle se comportait comme un monstre, qui combattait d'incompatibles vérités.
Les jours suivants, devant la librairie, quand il ouvrit les bras, elle revit l'oiseau maigre. Elle tenta de chasser le fruit. Pas pour longtemps. Il avait redit mon chéri. Elle comprenait qu'un jour ou l'autre, elle serait un tyran. Le moindre petit geste, le moindre petit mot, dès qu' elle se trouverait seule, déchainerait l'avalanche. S'il disait  c'est comme ça : Pas assez combatif. S'il offrait un ouvrage: sa chambre, un jour, croûlerait sous les livres. Il serait moins brillant. Et surtout, au matin, trop impatient, et trop content. Grand, oui, mais ses chemises, que trouvait-on dedans? Des poumons vides. Elle voulait le défendre, arguait ce n'est pas lui qui me trahit. Elle finirait par l'étouffer, une nuit. Qu'on en finisse!
Elle s'opposait: « Comment peux-tu? Cet homme qui t'aime. Celui à qui tu tiens si fort, et que tu as vraiment voulu. Ce n'est pas lui qui t'a déçue. Il est égal à lui-même »
Pour tout cela, elle s'intentait des procès,  qu'elle ne pouvait ni gagner, ni perdre, ni arbitrer. De toutes ces pensées là, elle ne saurait pas l'abriter. Un jour, c'était certain, elle ne l'aimerait plus. Alors c'était déjà trop tard. 
Qui était responsable? Elle, la pomme, les apnées? Désormais, tout était trop entremêlé. L'oiseau resterait maigre, et ne pourrait pas s'envoler.

Garder intact ce qu'ils s'étaient donné.
Et la semaine suivante, avant même de changer de lit, elle ne régla pas son réveil pour lui, à l'aube, qui l'attendrait encore. Aurait-elle voulu qu'il soit mort?

Elle se souvint. C'était un dicton populaire. Une pomme, tous les matins...

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lundi 14 novembre 2011

BLOG FERME





jeudi 10 novembre 2011

au suivant

_T'es énervant. Je veux plus de toi.
_Pourquoi?
_Je sais pas, tu m'énerves.
_Je suis pas gentil peut-être?
_Si, t'es gentil, t'es même très gentil, t'es tellement gentil que tu m'énerves.
_Tu préfères qu'on soit méchant?
_Non, mais quand même.
_Qu'est ce que j'ai fait de mal?
_Rien, justement. C'est vraiment agaçant.
_Tu pourrais m'aider, dis-moi.
_Ca va pas te plaire.
_Quoi?
_Tu dors mal.
_Quoi je dors mal?
_Tu dors n'importe comment. Pourtant c'est facile de dormir. Tout le monde sait faire ça.
_Je dors comment?
_T'oublies de respirer. Faut quand même être nul. Ce truc là, ça se fait sans y penser.


lundi 7 novembre 2011

qu'ils crèvent

Pour commencer, les morts nous font mal.
Puis nous empêchent de vivre.
Qu'ils crèvent.