mardi 26 juillet 2011

35 on ne vit qu'une fois

Mes rêves me laissent  peu de traces. Au cours de ma nouvelle vie, ceux qui m'ont marquée m'informaient des étapes franchies, dont je prenais conscience, visitant le contenu au matin. Les trois rêves que j'ai décrits traduisaient, selon ma compréhension, l'acceptation progressive du caractère irréversible de la mort, et de l'impossibilité de la transgresser. Le quatrième, récent, est allé plus loin.
Au cours de ce mois, France 4 diffusait un James Bond, "On ne vit que deux fois", scénarisé par Roald Dahl,  qui donne au film, de sa patte facétieuse,  une saveur particulière.
Des satellites russes et américains disparaissent dans l'espace. Chaque camp est persuadé que l'autre est responsable de ces agressions. En pleine guerre froide, on craint un conflit nucléaire. Quelques minutes avant la perte des satellites, les services secrets britanniques ont détecté le lancement d'une fusée sur une ile japonaise.L'enquête est confiée à 007. Mais il est assassiné...

Pas tout à fait. On le sait bien, James ne meurt jamais. Un peu plus tard, son corps, bien raide et emmailloté, pieds flex, est rendu à la mer... récupéré par deux hommes palmés, puis transporté, au sec, pour un réveil instantané. Pendant la descente du corps, j'ai d'abord souri,_les pieds_, puis ressenti un profond malaise. Je l'ai, bien sûr, attribué à ma récente expérience, et  la cocasserie des scènes suivantes l'a vite balayé. Sans me douter que la nuit même, un nouveau rêve viendrait m'éclairer.

Nous étions, lui et moi, dans un chemin bordé de cultures de blé. Il était là, de nouveau, sans que je puisse m'expliquer les circonstances de son retour, et nous marchions en silence. Il m'était acquis qu'il revenait de sa mort, et que son intention était de s'installer, pour reprendre ce qu'il avait dû prématurément interrompre. Sans pouvoir le lui dire, je voulais qu'il s'en aille. J'étais très mal, mais pour des raisons différentes de celles évoquées dans les trois premiers rêves: pas parce qu'il était mort, ni parce qu'il mourrait fatalement de nouveau, ni parce que nous devrions fuir, ni parce que personne ne nous croirait. Je n'étais pas capable de reprendre la vie telle que nous l'avions vécue. Il en était resté là, pas moi. Revenir en arrière? Je songeais à ce que ses projets, auxquels j'adhérais sans réserve,  m'avaient imposé de contraintes. Son sens de l'absolu avait ses avatars. Ses objectifs se payaient cher. Sa volonté d'homme libre avait, parfois, l'allure d'une prison de fer. Malgré mon active participation, et mon soutien inconditionnel, durant notre parcours commun, recommencer me semblait impossible. Il m'était aussi douloureux de revisiter cette vie, sous cet aspect, en sa présence d'homme démuni , que de devoir lui dire de renoncer, et sans qu'il puisse lutter, à ce retour que j'avais tant souhaité. Et qu'éveillée, j' appelle si souvent encore. Ma vie n'a pas gagné en qualité.  Pourtant, l'issue de ces retrouvailles, dans notre promenade, ne laissait pas de doute. 

Mon rêve n'a pas offert l' étreinte qu'il aurait dû m'apporter. Je voudrais qu'au plus vite, la vie me permette de savoir qu'en faire.

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