vendredi 29 juillet 2011

ma bretagne à moi






















même avec un temps poukrave, c'est pas mal


bon là chuis d'accord, c'est poukrave




là c'est mieux non?




mercredi 27 juillet 2011

un jus chez Momo

Y faisait frais, y avait du vent. Les gens craignaient la pluie, j'ai eu la meilleure table. J' avais pas de rencart, à part avec moi-même.  Mais voilà. Chaque fois que je m'en jette un là-haut, je tombe sur ce nigaud de Momo. Ce tôlier là s'ennuie; Momo est bedonnant, _pas grosse, de celles qui fluent_  et fume des clopes tout le temps. Y peut pas s'empêcher quand il tombe sur une fille. Y branche.
"_Tiens, v'la la sorcière"
Momo est physionomiste.
"_On se refait pas. C'est la mode, les chemises de cow-boy?
_Elle est pas bien?
_C'est pas moi qui l'ai dit.
_Qu'est-ce que je vous sers?
_A votre avis?
_Pardon...
_ Pardi."

Il se plante devant moi.
"_Dites donc, y va être froid.
_Oui, c'est le temps qu'est pourri.
_Vous allez quand même pas me refaire le coup des affaires.
_Ben si.
_Avec une terrasse comme ça, je vous crois pas.
_C'était mieux avant.
_Ah. Quand ça puait le carburant?
_Ça passait plus. Cette année, c'est le pompon.
_Ça y est, on boit le bouillon?
_Je sais. Vous préfèrez la bière.
_C'est parce qu'elle peut refroidir.
_Méchante. Sérieux, avant, c'était mieux.
_Vous aussi.
_Harpie.
_J'y vais.
_Vous voulez rien manger?
_Trop cher.
_Allez, un autre café. Cette fois, j'le fais chauffer.
_Encore heureux. On se pèle. Ça sera mieux quand ça sera fermé.

_Saleté.

mardi 26 juillet 2011

35 on ne vit qu'une fois

Mes rêves me laissent  peu de traces. Au cours de ma nouvelle vie, ceux qui m'ont marquée m'informaient des étapes franchies, dont je prenais conscience, visitant le contenu au matin. Les trois rêves que j'ai décrits traduisaient, selon ma compréhension, l'acceptation progressive du caractère irréversible de la mort, et de l'impossibilité de la transgresser. Le quatrième, récent, est allé plus loin.
Au cours de ce mois, France 4 diffusait un James Bond, "On ne vit que deux fois", scénarisé par Roald Dahl,  qui donne au film, de sa patte facétieuse,  une saveur particulière.
Des satellites russes et américains disparaissent dans l'espace. Chaque camp est persuadé que l'autre est responsable de ces agressions. En pleine guerre froide, on craint un conflit nucléaire. Quelques minutes avant la perte des satellites, les services secrets britanniques ont détecté le lancement d'une fusée sur une ile japonaise.L'enquête est confiée à 007. Mais il est assassiné...

Pas tout à fait. On le sait bien, James ne meurt jamais. Un peu plus tard, son corps, bien raide et emmailloté, pieds flex, est rendu à la mer... récupéré par deux hommes palmés, puis transporté, au sec, pour un réveil instantané. Pendant la descente du corps, j'ai d'abord souri,_les pieds_, puis ressenti un profond malaise. Je l'ai, bien sûr, attribué à ma récente expérience, et  la cocasserie des scènes suivantes l'a vite balayé. Sans me douter que la nuit même, un nouveau rêve viendrait m'éclairer.

Nous étions, lui et moi, dans un chemin bordé de cultures de blé. Il était là, de nouveau, sans que je puisse m'expliquer les circonstances de son retour, et nous marchions en silence. Il m'était acquis qu'il revenait de sa mort, et que son intention était de s'installer, pour reprendre ce qu'il avait dû prématurément interrompre. Sans pouvoir le lui dire, je voulais qu'il s'en aille. J'étais très mal, mais pour des raisons différentes de celles évoquées dans les trois premiers rêves: pas parce qu'il était mort, ni parce qu'il mourrait fatalement de nouveau, ni parce que nous devrions fuir, ni parce que personne ne nous croirait. Je n'étais pas capable de reprendre la vie telle que nous l'avions vécue. Il en était resté là, pas moi. Revenir en arrière? Je songeais à ce que ses projets, auxquels j'adhérais sans réserve,  m'avaient imposé de contraintes. Son sens de l'absolu avait ses avatars. Ses objectifs se payaient cher. Sa volonté d'homme libre avait, parfois, l'allure d'une prison de fer. Malgré mon active participation, et mon soutien inconditionnel, durant notre parcours commun, recommencer me semblait impossible. Il m'était aussi douloureux de revisiter cette vie, sous cet aspect, en sa présence d'homme démuni , que de devoir lui dire de renoncer, et sans qu'il puisse lutter, à ce retour que j'avais tant souhaité. Et qu'éveillée, j' appelle si souvent encore. Ma vie n'a pas gagné en qualité.  Pourtant, l'issue de ces retrouvailles, dans notre promenade, ne laissait pas de doute. 

Mon rêve n'a pas offert l' étreinte qu'il aurait dû m'apporter. Je voudrais qu'au plus vite, la vie me permette de savoir qu'en faire.

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lundi 11 juillet 2011

encore la notice



  didascalie, épitomé, aide-mémoire,
compendium, mémento, digest,
 manuel, récapitulation,
bla-bla


Saloperies de notices
Comment faites-vous pour les sortir?
Elles me sont un pensum. Un supplice chinois. 
D'aucuns_des fâcheux_ me diront:
C'est un bon exercice.
Mais
j'aime pas les notices
Pourquoi faut-il les faire? 
Les mêmes me répondront:

_c'est pour commun-niquer
je ne mange pas de ce pain là
_pour mettre tout à plat.
plutôt paître en matelas.
_clarifier vos idées
gommez donc les saletés
_bien étayer les plans
en tartinant du flan?
_soignez la mise en page
jveux partir à la plage
_la synthèse est utile.
mais ma tuile est balaise
_et la concertation?
j'ten pose, moi, des questions?
_justifions le projet.

purifions les gros jets
enfumons les pompiers
noyons les abri-bus
sous des tonnes d'enrobé
oublions les poubelles
et laissons tout pousser
installons des obstacles
qui boufferont les allées
pour les cols du fémurs
on nous traitera d'ordures

_heu... c'était dans le contrat.

mais vous ne la lirez pas!


dimanche 3 juillet 2011

MOI !!

J'ai posté une annonce:
"Qui veut partir avec moi cet été?"
En dix minutes, j'ai eu quatre réponses:
_Moi !
_Moi !
_Moi!
_Moi !
Difficile de choisir... J'ai réfléchi.
Je prendrais celui qui dira:

_Moi aussi !


Un thé sur le pont

"_Bonjour Madame.
_Entrez. Nous pouvons rester sur le pont, si vous voulez, il fait doux.
_Merci de m'avoir prévenue. Rien ne vous y obligeait.
_Oui, la question se posait.
_Ça ressemblait un peu à une convocation.
_C'en était une. Ce ne sera pas long.
_C'était quand? Que s'est-il passé?
_Le crash de fin septembre. Il en était.
_... Quand on prend fréquemment l'avion...oui...je me souviens de cet accident, mais je n'ai pas pensé à lui ce jour là, parce qu'il voyageait dans des plus petits appareils.
_Il suffit d'une fois.
_C'est drôle. Il ne semblait pas fait pour une mort violente.
_Vous imaginiez quoi?
_Un truc plus...un truc plus pantouflard... Excusez-moi...
_Non, je vois ce que vous voulez dire.
_Lui qui voulait sortir de l'agitation...
_ Je vous sers un thé?
_Merci, j'ai très soif. Vous vous êtes habituée à vivre seule ?
_C'est difficile au début, et puis oui, on s'habitue. Certains jours on ne s'habitue pas du tout.
_Oui, je sais.
_Non, vous ne pouvez pas.
_Détrompez vous. Cette chose là m'est arrivée aussi. J'étais plus jeune que vous.
_Pardon... Alors vous pouvez mieux comprendre.
_Mais vous avez raison, c'est sûrement différent pour tout le monde. Il vous manque beaucoup ?
_Oui.
_J'ai souvent pensé à lui. Je me disais que si il lui arrivait quelque chose, je ne le saurais jamais. Mais je l'ai su quand même.
_Vous voyez bien.
_Comment avez-vous trouvé mon adresse mail? Je pensais qu'il détruisait toute la correspondance, au fur et à mesure.
_ Oui, c'est sans doute ce qu'il faisait. Je suis retournée au Maroc la semaine dernière, pour mettre de l'ordre dans la maison. J'ai trouvé ceci dans la boite aux lettres. Votre mail était inscrit au dos du livret.
_Ah. Je l'avais envoyé au printemps. Il ne l'avait jamais reçu, le paquet s'était perdu. Je l'avais fait reprographier pour lui.
_Je pense qu'il aurait apprécié s'il l'avait eu.
_Il lui a plu; je lui en avais fait un autre exemplaire.
_Quand je l'ai ouvert, j'ai compris tout de suite.
_C'était facile... et vous le connaissez bien.
_ Je suis tout de même sa femme. D'ailleurs, ça ne vous a pas gênée.
_Vous m'avez fait venir pour me faire des reproches?
_Non. Les autres, vous comprenez, j'ai toujours su qui elles étaient. Vous pas.
_J'aurais sans doute fait comme vous. Vous m'avez dit dans votre mail que vous étiez surprise, mais vous aviez l'habitude, pourquoi surprise?
_Je pensais qu'il avait arrêté. Avant, j'étais très vite au courant, dès qu' il y en avait une. Je pouvais même anticiper. Cette fois, il a vraiment été discret.
_Il s'était engagé auprès de vous?
_Ça ne vous regarde pas. Mais.. oui, il a été discret.
_Parce qu'il ne voulait plus faire ça. En effet, il voulait s'arrêter. Il en parlait, il voulait changer de ligne. Il n'y voyait plus guère de sens. Il se sentait mal. J'avais du mal à le croire, parce je me disais qu'il recommencerait tant qu'il le pourrait. Et dans ce cas là, je préférais que ce soit moi.
_Il vous a raconté ses histoires? Vous faisiez quand même partie d'une collection... Ça ne vous a pas gênée non plus on dirait?
_Je me suis laissé dire qu'elle était bien, alors, non.  Il avait évoqué la dernière pièce, parce que je l'avais interrogé; il disait l'avoir quittée parce qu'elle voulait des gosses, et qu'il il ne s'y voyait pas. Il a employé l'expression "contre nature".
_Ah oui, celle là. Trente huit ans. C'était quand même un peu gros.
_Il disait qu'il l'avait laissée pour son bien. J'avais ricané....
 Il ne mentait pas tout à fait en se présentant comme un homme séparé. Il s'est quand même séparé des tas de fois...Je n'ai su qu' assez tard que vous partagiez encore son quotidien. C'est venu par étapes. 
Il m' avait dit qu'il avait toujours été infidèle. Il a vaguement parlé des autres. Il disait qu'avec le recul, il voyait cela comme une vie ratée. Je ne partageais pas cette lecture, mais c'était celle qu'il avait décidé de donner. Je ne sais pas s'il se rendait compte que ce qu'il me disait, c'était que j'entérinais son ratage. Il disait que ces histoires là n'étaient rien. Qu'il avait l'impression d'avoir tout survolé, et que vous l'aviez payé cher. Il y a une lettre où il parle de ça si vous voulez la voir...Attendez. Il y en a même plusieurs.
_C'est toute sa correspondance?
_Je l'avais assemblée au fil de l'eau. Il manque une grande part du début, je regrette. C'est la plus jolie partie, mais je ne l'avais pas enregistrée. Regardez, là, c'est autre chose. J'avais tout réduit à l'écran, en mettant toutes les pages les unes à côté des autres, et je les avais imprimées, des planches en série, comme des images. Pour voir ce que ça donnait. En noir, ce sont ses mails, en bleu, les miens. Je fais souvent des choses comme ça. La tonalité dominante vous fera une idée... Il me survolait moi aussi. J'ai apporté ça à tout hasard, réduit, c'est illisible, mais je ne voyais pas trop l'intérêt que vous lisiez .
_Non, en effet. Des photos de lui, sur la première page?
_Il me les avait envoyées.
_Ah oui, c'est vrai. Internet. Vous cherchiez un homme comme lui?
_Pas du tout ! Trop vieux ! Et il avait triché de six ans sur son profil ! Ça m'était déjà arrivé une fois le veuvage...comme vous...alors vous pensez. Il était gonflé votre mari. Quand nous nous sommes rencontrés, il a bien été obligé de rectifier. Il s'en est tiré brillamment, avec beaucoup d'humour et de simplicité. Ça m'avait beaucoup plu.
_Pardon...son profil?
_Ce qu'il mettait dans son annonce.
_Elle disait quoi?
_Qu'il était libre...qu'il croyait à l'écoute et aux rencontres, enfin, les conneries habituelles qu'on lit sur ce genre de site.
_Je ne savais pas qu'il pourrait faire une chose pareille.
_Mentir sur son âge?
_Non, ça, ça ne m'étonne pas du tout.
_Ah, Internet? Ça vous choque, pourquoi?
_C'est minable. Vous reprenez du thé?
_Oui, merci Madame.
_Vous pouvez m'appeler par mon prénom.
_Vous étiez Madame B... Non, ce n'est pas minable, des tas de gens qui se sentent seuls le font. Certains sont minables, mais ils sont minables dans la vie aussi. C'était sûrement plus pratique de faire comme ça pour lui.
_Pratique?
_Il disait qu'il était sous surveillance.
_Quoi d'autre?
_Que vous aviez toujours été complice. Mais que votre coupe était pleine. Comme pour beaucoup de couples soixante-huitards, qu'au début, c'était permis, et qu'après, ça c'est gâté.C'était si ringard que ça l'amour exclusif ? Vous avez eu honte de dire tout de suite que le jeu ne vous allait pas? Ou bien vous aviez peur qu'il parte?
_Un peu des deux. Je l'aimais de toutes façons. Il est parti une fois, mais pas longtemps.
_Il m'a raconté. Il s'était senti lâché, d'ailleurs, tout autour de lui. Il m'a dit aussi que quand il vous a épousée, il y croyait vraiment. Que vous aviez été la seule femme dont il avait été vraiment amoureux. Qu' il était très attaché à vous. Qu' il regrettait ce que tout cela était devenu.
_Que vous a-t-il dit d'autre à mon sujet ?
_Que vous lui faisiez payer ses infidélités.
_Comment?
_En étant ..casse pieds?
_C'est ce qu'il vous a dit?
_Pas tout à fait. Vous l'étiez vraiment? A votre place, j'aurais été...bon, allez... "Chiante" aussi. Mais il se sentait peut-être un peu seul, ou insatisfait. Vous étiez seule aussi... A part que vous êtes de gauche, c'est pour ça que vous vous êtes lancée dans la politique? Remarquez, vu la tendance ici, vous ne risquez pas de devenir maire. C'était bien La Rochelle?
_Je vois que vous savez tout.
_Non, justement, je ne savais rien. J'aurais bien aimé en savoir plus.
_Vous m'imaginiez comment?
_Comme une belle femme un peu aigrie. Et un jour, je suis passée devant chez vous, et je vous ai vue. Vous aviez l'air d'une grand-mère. Vous portiez un jean, et une marinière. C'est là que j'ai décidé de ne plus le contacter. Il m'avait dit que c'était à cause de moi s'il ne réussissait pas à s'en tenir à ses décisions. Il voulait devenir clean en quelque sorte. Faire des vrais choix. Moi, j'étais dans une période où je ne voulais pas en faire. Ça n'a pas été facile de ne pas le relancer.
_Pourquoi?
_Parce que je savais que ça l'arrangerait, mais que j'avais des doutes sur le fait qu'il s'y tiendrait.
_Ce n'est pas ça ma question. Quand vous m'avez vue, vous vous êtes dit quoi? Que c'était déloyal?
_Non. Je n'ai jamais trouvé ça déloyal. Chacun son sens moral. Et il se débattait bien assez avec le sien, c'était suffisant. Je me suis dit ce que je savais, que je n'étais pas à ma place, et qu'il ne m'en ferait jamais. Mais cette fois, je me le suis dit un peu plus fort.
_Qu'est-ce-qu'il vous apportait?
_Sa légèreté, entre autres. Il en serait sans doute étonné s'il pouvait nous écouter. Mais c'était à double tranchant. L'histoire du survol. Vroooooooooooooo.......SPLASH !!!!!! Excusez-moi. C'est nerveux.
_Et vous, vous lui apportiez quoi?
_Vous le savez bien. Bon, d'accord, si vous voulez l'entendre... un peu d'oxygène dans l' angoisse vespérale. De toutes façons, il ne voulait rien de plus. Rassurez vous. Je n'avais aucune nouvelle depuis longtemps.
_Et pour cause. Vous avez sans doute rencontré quelqu'un d'autre depuis?
_Non....ça viendra. Est-ce-que je peux jeter un oeil en bas?
_Vous n'étiez jamais entrée?
_Si, mais à ce moment là, je ne savais pas que vous habitiez là. Et les travaux n'étaient pas faits.
_Vous êtes venue souvent?
_Non.
_Qu'est-ce que vous voulez voir ?
_Lorsqu'il avait décidé de refaire l' intérieur, il m'avait demandé mon avis... Je veux juste voir ce que ça donne."