samedi 25 décembre 2010

hotel de la tour

A l'hôtel des Chasseurs, on s'encanaille. On y va pour l'endroit. On y mange du gibier, on y boit des vins fins. On y tripote une femme replète. Quand ça glousse, tout va bien. Le patron, c'est une trogne. Lui aussi ventripote. Moustache et nez grivois, au milieu du repas il refile, en riant, son trou normand. Il sait qu'on restera. A l'hôtel du Chasseur, plus on trinque, plus ça va.
A l'hôtel de la Tour, on y fait juste étape. A l'hôtel de la Tour, il n'y a rien qui vaille, sauf ce qui est autour.
La Tour, d'ailleurs, elle est en face.
A l'hôtel de la Tour, on monte un escalier, pour une chambre single. D'abord, on s'acquitte. Ensuite, on visite. La tôlière est revêche:
_"Ça va?
_Quoi? Un petit lit? Vous n'avez pas compris. Je suis peut-être seule, mais j'ai besoin d'espace. Je dors peut être à droite, mais mes rêves sont à gauche. Alors, il faut la place.
Merci, je préfèrerais celle-ci.
_A onze heures, on met la clef là."
On tamponne, un instant, les évènements du jour. Les draps sont blancs, on les essaie. Proprets. On prend une douche. Dehors, on jette un oeil. Mais tout donne sur la cour.
Alors on sort, pour une nuit qui trépide. On enchaîne les endroits. Puis lasse, on attend le jour.
A l'hôtel de la Tour, on rentre seul. Dans l'escalier qui tourne, on marche droit. A l'hôtel de la Tour, ce qui compte,
c'est tout ce qu'on y fait pas.

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