mercredi 18 août 2010

à poil

Il y a ceux qui veulent se montrer. Ils arrivent les premiers. Toute l'année, quatre fois par semaine, ils ont poussé de la fonte, mangé des blancs de poulet, pris des douches écossaises. Leur vie? un marathon vers la plage, ou, entre eux, ils se reconnaitront. Elles, pubis à la française, rien qui dépasse. Eux, fesses chocolat, avec au recto, les tablettes. Huit heures durant, ils alternent: prouesses aquatiques, pile-face toniques. Le soir, on les revoit par paires, en terrasse, enfin payés de leurs efforts. Demain, ils recommenceront.

Il y a ceux dont l'absence de costume  permet, croient-ils, de voir sans être vus. Les premiers les méprisent. Ils arrivent un peu tard, pour bien choisir leur poste. Agités, ils ont chaud, mais ne vont pas nager. Ces hommes là rentrent seuls.

Et puis les autres, qui s'en foutent: ils sont à l'aise. Ils aiment la mer, le vent. Ils sont contents. Ils font des mots croisés, mangent, jouent aux cartes, comme si de rien était; leurs gosses, seuls culottés, raillent les holothuries. Ils ont laissé, à Paris, le triangle reglementaire, et se moquent de leurs plis. Entre deux siestes, fesses en l'air, des grand-pères, main dans l'eau, bercent les anémones. C'est bon le soleil: les femmes, mollement impudiques, se chauffent la broussaille. En fin d'après midi, ils partent, seuls ou ensemble, avec leur livre, ou leur glacière.

Ils n'ont rien en commun, que le flic qui les traque. Quatre vingt dix euros. C'est cher pour être à poil.

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