mardi 24 août 2010

Do it yourself

 
Toujours pas de bras

Une nuit, j’ai fabriqué des prothèses. Leur matière est imparfaite, leur calage, pas assez minutieux. La mise au point  fut longue, et compliquée. On n’imite pas le vrai. Il a fallu choisir.Le poids, surtout à droite, m’a posé des problèmes. Inertes, trop lourds. J’avais mal à l’épaule. On ne pose pas son bras comme ça sur une femme, ou bien c’est pour rire. En marche,  trop lâches, ou trop serrés. Inconvénient majeur, ils n’avaient pas d’odeur. Le taux d’humidité, comment doser ? Le bonjour du matin, avant un peu engourdi, et d’une moiteur tiède, me couvrait d’un linge englué, comme celui d’un zombie. L’étreinte, à l'arrivée du train, pas assez vive, un peu trop appuyée : au début, j’avais  du mal à respirer. Il faut dire que je ne partais jamais, avant, ou si peu : j’ai du inventer. Le retour du travail fut plus aisé : assez systématique, deux pressions symétriques, faciles à régler.  Mais debout, de face, les mains sur les reins, ça n’a pas marché. Je me suis raisonnée, ça n’est pas essentiel on peut parler couchée. L’ascenseur, chaotique, aléatoire. Il m’arrive, encore, de nous cogner un peu trop fort, maintenant que je peux y entrer. Pour les disputes, les doigts dans le nez, ça n’arrive jamais. Ou bien je bouge toute seule, et ils n’ont rien à faire, rien qu’à rester comme ça, ballants. Ils sont tout de même un peu encombrants : je n'ai pas su les plier. Il leur faudrait une étroite valise, à l’intérieur préformé, et surtout velouté, pour bien les protéger, et éviter les stries. Un moyen de les conserver, sans en être ennuyée.


Rangés, à l'économie.



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