lundi 9 août 2010

27 La robe bleue


Ce matin, au bar de la rue Franklin. Le patron fume sur la terrasse. En prenant la commande, il me glisse, l'air de rien:

"_Cette robe bleue vous va très bien".



 Je l'ai sortie hier, froissée, d'un carton, par peur d'un lendemain ou je serais trop seule. Sa préférée.

Il fait beau ce matin de juillet. Les enfants nagent dans les nénuphars. Nos amis paressent à l'ombre d'un l'acacia. Je coupe, en deux temps trois mouvements, une robe simple, dans un coton bleu gitane. C'est dimanche, rien ne presse. Mais j'assemble, je pique, j'ai hâte: je veux réserver, dans le dos, un petit trou, pour lui, à souligner en vert anis. 
J'y suis presque, j'essaie. Debout sur une chaise, je l'appelle: "_A toi de l'arrondir". Doucement, il pose les épingles, à la longueur qu'il aime.

J'ai faim.
"_Plus de croissants, que des madeleines".

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire