dimanche 16 mai 2010

chap 24 le voyage suspendu




Il me faut un autre voyage pour comprendre que les choses ont changé. 
Bien sûr, il est là, escorte muette qui emboite mon pas. Partage silencieux., de pensée à pensée. Nous savons lui et moi, ce que l'autre regarde, ce qu'il retient, ce qui l'ennuie,ce qui le fait sourire. Porto. Boutiques aux vitrines désuètes, visages d'hommes taillés dans la pierre, jardins spontanés, jaillissant des creux , femmes replètes. Façades équilibristes, accrochées à la crête d'un turbulent iguane, pentes vertigineuses ou se lancent, intrépides, d'étroites ruelles, ponts de géants enjambant, à grand bruits de fer, un vaste fossé inondé. Porto, ville héroique, affronte vaillamment le rocher, et franchit les obstacles avec une foi de chevalier.
Mais là, dans ce voyage il y a autre chose: je vais rentrer. Porto affiche insolemment sur ses maisons, ses pignons d'entrepôts,ses bateaux, ses valeureux soutènements, le nom d'un homme qui m'attend. Porto délivre, en collage baroque, ma carte d'embarquement. Joyeuse, malgré la pluie, elle estampille. Au bout du voyage, un homme qui parle, pour qui cette fois, enfin et de nouveau, je compile.  Au retour, une voix, un écho. Je note, j'emmagazine, je photographie. Jusqu'à la nuit, soigneuse, méthodique, j'organise mon compte rendu.

C'est nouveau, dire ce que j' ai vu.

Mais rien. Putain de volcan. Un nuage de cendres, un retour suspendu.


 m'en fous, j'ai pris le car 

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