mercredi 26 mai 2010

25 debout


On dit que sans sépulture, les morts n'ont pas de repos. Je sais bien que les morts ne se fatiguent pas. Je sais bien que ces choses là ne sont pas faites pour la paix des morts, mais pour celle des vivants. Pas de tombe? Je m'en fous. Mais  tout le monde est comme ça: il me faut une trace:  il a vécu sur la Terre. Je dessine une plaque. Quel format? Plutôt petite, rectangulaire, posée verticalement, contre un mur, en haut du cimetière. Elle ferait face à l'Ouest, ou il guettait toujours, le soir, le temps qu'il allait faire. Quels caractères? plutôt simples. Il aimait les polices un peu travaillées, mais un Arial me suffirait. La couleur? Le vert profond qu'il aimait. Sombre, mat, velouté, mais dans quelle pierre? Son prénom, son nom, ses dates.

1964-2008

Je suis tentée de graver, dessous, en plus petit, les nôtres: 1994-2008. Mais ça ne se fait pas je suppose, de tirer la couverture à soi. Voilà, c'est bien comme ça. Je me sens mieux... que le monde sache qu'il a été là.  
Je veux garder l'image d'un homme debout, à la verticalité parfaite.




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