lundi 18 janvier 2010

Chap 16 MAUVAISE POCHE

Presque deux ans après, je lis toujours avec difficulté.  Le soir, pour traverser les méandres de ma cognition troublée, j'ai besoin d' images fortes, crues, directes. Je ne compte plus mes lectures avortées.

La veille de sa mort, il lisait  "Voyage au bout de la nuit." A l'évidence, cette lecture l'éprouvait. J'avais hâte d' entendre ses impressions, avant de prendre sa suite. Sur la couverture de  cette ancienne collection de poche, au fond vert sombre, un homme vêtu de blanc, les yeux hagards, avance un pas d'aveugle, les bras tendus devant lui.
J'ai commencé, le lendemain, là ou il s'était arrêté. Les  livres sont mal faits: la page  376 débutait et se terminait au milieu d'une phrase, comme son vis à vis.Que prendre comme point de départ? La fin du premier paragraphe? Les suivants? Pas moyen de revenir en arrière.
Il restait cent pages. J'ai lu, jusqu'au bout, à sa place, sans rien comprendre, que le titre et l'illustration. 
Si seulement il avait pu lire autre chose.




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