mercredi 6 janvier 2010

Pour en finir avec Terminator (autofriction)

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Hello Arnold

Tu veux de mes nouvelles, en voilà.
Comme tu figures sur ma liste de diffusion, je projetais de te faire parvenir par mail, en suite du « Coup de sonnette »les tristes exemplaires de mon académique littérature, dont l’unique avantage est d’être gratuite , avant d’en lâcher par poste, comme y sont habitués mes fidèles lecteurs, les versions papier. J’ai changé d’avis.
T’ayant suffisamment infligé mon stéréotype de veuve, je veux maintenant cultiver l’exception.

Tout va bien pour moi :
Il m’est revenu récemment à l’esprit que ma mère, à soixante ans, gémissait encore dans son affreuse chambre rose. C’était une voluptueuse. J’avais oublié cette avantageuse hérédité. Voilà qui dissipe les angoisses que j’eus le mauvais goût de répandre sur ton oreiller…(fussent-elles, au fait, de celles-ci ?) Et réconforterait mes futurs clients, victimes de lieux communs, quant à la délicate étape biologique qui me tombera dessus d’ici une dizaine d’années. J’exulte.
Mon club poursuit ses réunions, auxquelles je demeure très assidue. Nous dégustons, mes araignées et moi, une psy de comptoir que nous envieraient tous les pochetrons du coin.
Par ailleurs, et c’est le but de ce courrier, mon laboratoire favori m'avait, comme espéré,  fait parvenir l’ultime confirmation de ma séronégativité. Le protocole, faisant suite à un tragique moment d’égarement, fut scrupuleusement respecté. J’en fus fort aise, ayant attendu, sans succès, le test symétrique, que la règle de bienséance du one-shot non plastifié laissait escompter. Ton mépris des convenances est, décidément, incroyablement vivifiant. Mon paresseux conformisme s’en trouve définitivement toiletté.
Instinct, ressenti… fi des à priori…Douces bouffées de chaleur à l’évocation de mon second prélèvement ...et au su de ton tumultueux été de quarantenaire épanoui.

Je procède actuellement au nettoyage méthodique des e-mails dans mon ordinateur défectueux, qui me prive injustement d’un lien indispensable avec le grand monde. Je te joins donc la copie de tes derniers brillants courriers avant leur irréversible suppression. J’associe à cette mise au net le lavage de cerveau que tu m’as si judicieusement proposé : table rase de mon passé.
La simplicité de cette procédure me sidère : il suffisait de le vouloir n’est-ce-pas ?
Je te félicite encore pour la qualité et la remarquable acuité de ton écrit, dont la relecture est une véritable, et définitive révélation :

COMMENT AI-JE PU ?

La lumière est en moi. 

 

voir: "le petit guide pour user des veuves", janvier 2010

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