mardi 29 décembre 2009

ONE SHOT




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Pour mettre un terme à mon désœuvrement, on m’encourage : « Il faut te remettre en selle ! »
Je sais bien que le cheval est le meilleur ami de l’homme, mais je n’en suis pas un. Et puis, lorsque j’étais petite, un étalon m’a mordue à l’épaule. En général, les bêtes m’indiffèrent. Je leur préfère, justement, les hommes. Je ne m’inscrirai pas à l’équitation. 
Pour m’occuper, je me suis remise à l’anglais.

Apprendre les mots c’est simple, mais faire des phrases, c’est compliqué.
Par exemple :
One, c’est un chiffre . Shot, c’est facile.
Je pensais qu’il fallait dire a shot, ou the shot. Je me trompais. On peut dire aussi :


one shot


Cette aberration grammaticale est une énigme. Si le shot ne laisse pas de doute, le one, c’est une autre affaire. Je travaille.
A quoi peut donc servir ce one ? Il doit être là pour optimiser le shot. Sans ce one qualifiant, le shot se réduirait sans doute à sa plus simple expression : un coup.

Je file sur la toile anglaise, pour découvrir que le one shot est une métaphore, qui désigne une pratique courante, souvent répétée… mais dont la singularité est de ne jamais être reproduite à l’identique. Hein ? On me précise qu’on peut shooter à plusieurs reprises, mais dans un intervalle de temps restreint. Et le one alors ?
Que douze heures semblent un maximum admissible, et que cela fait déjà un beau match. Que l’intérêt de ce sport est d’accumuler des particularités, mais en faisant toujours la même chose. Voilà une règle absurde. Et on m’explique que si l’on rejoue, on change l’équipe. Drôle d’occupation, mais...
Je commence à saisir ce que le one fait à côté du shot : il caractériserait l’unicité, non pas de l’action, mais de ses conditions d’exécution. J’apprends encore que le one shot s’exerce à deux, et que la variable n’est pas le one, mais le two …qu’il faut impérativement remplacer avant de récidiver. Parce qu’il est abîmé ?


Le one shot serait-il risqué ?



Attendez un peu. J’ai peur de comprendre. Perfide Albion! Tout de même pas ! Le shot !
Le two ne serait pas le partenaire, mais l’adversaire ? La cible du shot ? Monstrueux !
C’est bien joli l’immersion, mais là, tant pis, il  faut une traduction.

Inquiète, je me jette sur mon dictionnaire, et je trouve : « Aventure sans lendemain ».
Aventure, je veux bien le croire. Le Far-West, oui ! Bon, va pour l’aventure. Mais d’après les documents consultés, le one shot, c'est la nuit. Lorsqu’on en est au one shot, en général, on est déjà demain. Faudrait-il proposer : « Aventure sans surlendemain » ? Dans les deux cas, j’ai raison, c’est dangereux.
Evidemment, à cause du shot.
Je poursuis fébrilement ma recherche. Equivalent suivant : 
« Aventure sans conséquences ». Voilà qui contredit ce qui précède. La plupart du temps, un shot, ça fait mal, et souvent, on en meurt. Comment dire à la fois qu’il n’y aura pas de surlendemain, et prétendre que ce ne sera pas grave ? C’est idiot. Passons à la troisième définition.
« Liaison amoureuse, ponctuelle et superficielle» Voyons…
J’ai dû, encore, me tromper sur le shot
Mais… ça ne fait pas mal ça ! Ben voilà ! Le one shot, c’est sans danger... parce que ça ne se reproduira pas. 
Un qui tire, l’autre qui dégage. Tout est clair, finalement :
Le one shot, c’est juste, lorsqu’ il est réussi,

...une petite mort.

Le wine shot, itou, le mal de tête en plus. 



one shot
wine shot

grab a bright mind
on a cold night

no one for red hot flights

sit down
hold on tight






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